C’est un métal lourd peu connu du grand public, mais qui inquiète de plus en plus les spécialistes de santé publique. Selon de récents travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), près d’un Français sur deux présenterait aujourd’hui un niveau de cadmium jugé préoccupant dans l’organisme. Une contamination qui provient essentiellement… de notre alimentation. (ANSES)
Un contaminant invisible dans nos assiettes
Le cadmium est un métal naturellement présent dans certains sols, mais dont la concentration augmente fortement à cause des activités humaines, notamment l’usage d’engrais phosphatés en agriculture. Les plantes absorbent ce métal par leurs racines, puis il entre dans la chaîne alimentaire. (ANSES)
Le problème est que le cadmium s’accumule lentement dans l’organisme, principalement dans les reins et les os, avec une élimination très difficile. Même de petites doses répétées pendant des années peuvent donc devenir problématiques. (Cadmium Santé)
Quels sont les risques pour la santé ?
Le cadmium est classé comme cancérogène certain pour l’être humain. Les études scientifiques le relient à plusieurs maladies chroniques :
- cancers (notamment du poumon, du pancréas, du rein ou du sein),
- insuffisance rénale,
- fragilité osseuse et ostéoporose,
- troubles cardiovasculaires,
- effets possibles sur la fertilité et le développement de l’enfant. (ANSES)
Les autorités sanitaires françaises estiment que les enfants sont particulièrement exposés, car leur organisme est plus sensible et leur alimentation repose souvent sur des produits céréaliers. (ANSES)
Quels aliments sont les plus concernés ?
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas uniquement de produits “industriels”. Les principales sources de cadmium sont souvent des aliments du quotidien :
- le pain,
- les céréales,
- les pâtes,
- le riz,
- les pommes de terre,
- certains légumes,
- le chocolat,
- les biscuits et produits transformés à base de céréales. (ANSES)
Les crustacés, mollusques et abats peuvent également contenir des concentrations élevées. (ANSES)
Pourquoi la France est-elle particulièrement touchée ?
Selon l’Anses, les niveaux de contamination observés en France sont plus élevés que dans plusieurs autres pays européens. Les experts pointent notamment l’utilisation d’engrais phosphatés riches en cadmium dans certaines pratiques agricoles. (Actu Environnement)
L’agence sanitaire demande depuis plusieurs années un abaissement des seuils autorisés dans les fertilisants afin de limiter la contamination des sols agricoles. (Maire-Info)
Peut-on réduire son exposition ?
Il est impossible d’éviter totalement le cadmium, mais quelques habitudes permettent de limiter les risques :
- varier son alimentation pour éviter une exposition répétée aux mêmes sources ;
- augmenter la part des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs) ;
- éviter l’excès de produits ultra-transformés à base de céréales ;
- privilégier, lorsque c’est possible, des produits issus d’agricultures limitant les engrais chimiques ;
- arrêter le tabac, qui constitue une autre source majeure d’exposition au cadmium. (ANSES)
Les spécialistes rappellent également qu’une alimentation équilibrée, riche en fer, calcium et zinc, pourrait limiter l’absorption intestinale du cadmium.
Une question de santé publique
Pour les experts, le sujet dépasse désormais la simple responsabilité individuelle. La réduction durable de l’exposition passera surtout par des décisions agricoles et réglementaires visant à diminuer la présence de cadmium dans les sols et les aliments. (ANSES)
En attendant, cette alerte rappelle qu’un contaminant invisible peut s’installer durablement dans notre environnement… et dans nos assiettes.